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 Maiwai

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JoeHarper

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MessageSujet: Maiwai   Jeu 14 Oct - 3:44

Maiwai



Tome 1:

Ce mois d'octobre 2010 se voit marqué, aux éditions Pika, par le lancement de leur toute nouvelle collection, intitulée "Graphic"... Une nouvelle collection sur laquelle nous n'en savions que très peu, mais qui semble destinée à proposer des titres dans un grand format permettant d'apprécier au mieux des titres au style personnel.
De ce fait, quoi de mieux, pour inaugurer cette collection, que de relancer en France le talentueux mangaka Minetaro Mochizuki, en nous offrant une réédition du cultissime Dragon Head, et en sortant l'attendu Maiwai, dont il sera question ici ?

La jeune Funako a été nourrie des histoires de pirates, de monstres marins, de calme plat de l'océan, de drague sur le port... de son grand-père, ancien marin-pêcheur traditionnel, et n'a jamais pu les oublier, au point de ressentir une vive émotion face à l'océan. Aussi, quand le vieil homme rend son dernier souffle, la lycéenne et son père veuf emménagent dans sa maison. La vie y suit son cours, jusqu'à l'arrivée d'un dénommé Katô, nouveau locataire d'une chambre de la maison. Peu de temps après, la bâtisse est retrouvée sens dessus-dessous, après un étrange cambriolage... Et le lendemain, voici notre héroïne kidnappée par des pirates sur un bateau poursuivi par les gardes-côtes ! Et au coeur de tout ceci, un mystère lié à une île qui renfermerait un incroyable trésor que Katô et les pirates recherchent !

Il faudra attendre le dernier tiers de cet épais volume (380 pages !) pour voir débuter les choses sérieuses, la majorité du volume nous présentant tranquillement les choses. Et, loin d'une introduction banale, Minetaro Mochizuki nous offre ici une mise en bouche délicieuse de ce qui s'annonce comme une aventure hors du commun.

Si ce premier tome est aussi savoureux, il le doit en grande partie à ses personnages, tous plus originaux les uns que les autres. Ainsi, Funako perce littéralement les pages grâce à son charme et son côté résolument décalé. Un joli minois au regard empli de curiosité et de malice dès la couverture, un petit grain de beauté qui fait toute la différence... la demoiselle est charmante, et se révèle d'autant plus délicieuse lorsqu'on découvre au fil des pages son caractère si particulier. Il faudra donc également compter sur sa témérité à toute épreuve, ses talents exceptionnels au combat au corps à corps, ses conversations qui la rendent parfois incompréhensible auprès de ses camarades, et ses comportements complètement décalés, à l'image des passages où elle se touche la poitrine en pensant à l'océan, comme pour tenter d'y déceler ce qui la rend si émotive, sans avoir conscience que tout le monde la regarde... Du fan-service ? Peut-être bien, ce qui aurait tendance à se confirmer avec des gags sur les sous-vêtements de la demoiselle, ou des plans voyant sa jupe voleter allègrement. Mais ici, rien de graveleux, le tout est léger, et sans sous-entendus. Si fan-service il y a, il n'a pas de but racoleur, mais s'avère tout aussi décalé que les protagonistes. Ca passe comme une lettre à la Poste, en plus de coller parfaitement à l'ambiance atypique, décalée, légère et un brin déjantée du titre.
Les autres personnages ne sont pas en reste, du camarade du club de sport, bègue, qui ne vit que pour le combat et qui ne supporte vraiment pas d'avoir été battu par Funako, aux pirates, au look barré et s'amusant avec les sous-vêtements volés dans la maison de notre héroïne, en passant par un Katô mystérieux, les lunettes de soleil toujours sur le nez même pour dormir, et un père banal au possible au beau milieu de tous ces individus farfelus.

On sourit volontiers à plusieurs reprises, d'autant que, quand le décalage n'est pas amené directement par les personnages grâce à leur caractère, il l'est à travers un comique de situation qui, sans jamais forcer, fait mouche, à l'image du passage où Katô n'arrive pas à ouvrir sa voiture (la même que celle de la trilogie Retour vers le Futur !) dans une rue trop étroite, où qu'il prend peur devant la vidéo d'un requin dans un musée.
Tout ceci, mis en lien avec le ton assez tranquille, quotidien, de la majeure partie de ce premier tome, instaure très vite dans l'oeuvre une atmosphère assez unique. Le style de Mochizuki fait le reste.

Et c'est avec plaisir que l'on retrouve, plusieurs années après la première édition de Dragon Head et le one-shot La Dame de la Chambre Close, ce style, parfaitement mis en valeur dans le grand format de l'édition. En plus des personnages physiquement bien marqués, il faudra compter sur des bouilles expressives bien que régulièrement un peu trop figées, des décors immersifs, et un trait global légèrement épais et riche sans être surchargé. La narration amène bien les différents rebondissements, et le découpage est doté d'une fluidité mettant fort bien en valeur des plans souvent intelligents et inventifs. Tout ces éléments réunis nous offrent des passages de haute volée, comme la scène où Funako se réveille en découvrant qu'elle est sur un bateau au beau milieu de l'océan, esthétiquement impeccable.

Si ce premier volume n'est qu'une entrée en matière, on a d'ores et déjà la conviction d'être face à un titre unique, doté d'une vraie personnalité, qui va aller crescendo au gré d'une histoire décalée mettant en avant la grande aventure, loin de toute monotonie, et dans tout ce qu'elle peut avoir de plus fou. La lecture est un véritable plaisir pour peu que l'on accepte de laisser sa chance au titre.

Du côté de l'édition, on ne vantera jamais assez le grand format, qui, comme déjà dit, rend honneur au travail de l'auteur. On saluera également les magnifiques premières pages en couleurs, la bonne qualité d'impression, et une traduction d'excellente facture, faisant fort bien ressortir, à travers un langage et des expressions fleuris, le décalage des personnages, le tout malgré quelques petites coquilles (oubli d'un mot de liaison, trois "s" au lieu de deux dans un mot...). Au final, le prix de 12,50 est justifié, d'autant plus au vu de l'épaisseur du volume.
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Maiwai
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